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Retour sur le 3ème P’tit Déjeuner de la Science... La place des ingénieurs français dans le monde

Le 24 juin 2010 a eu lieu le dernier P’tit Déjeuner de la Science de la saison 2009-2010. Sur le thème « des ingénieurs français performants à l’heure de la mondialisation des talents ? », Jean-Claude Lewandowski a animé cette rencontre de près de 2 heures au Palais de la découverte.

Un rendez-vous bien suivi, malgré la grève

Devant une audience d’une soixantaine de personnes composée de directeurs de grandes écoles, journalistes, professionnels et étudiants et plus de 200 internautes connectés, nos intervenants ont débattu sur la place des ingénieurs français dans le monde.

« Ces forces vives, les ingénieurs du XXIème siècle » Claudie Haigneré

En introduction, Alain Storck, Président du Groupe INSA, a ouvert le débat aux côtés de Claudie Haigneré, marraine des P’tits Déjeuners de la Science, pour nous rappeler l’importance des compétences transverses dans le cursus des ingénieurs.

Comment former ces scientifiques aux procesus de conception et d’innovation ? Comment leur donner cette capacité à penser la technologie au service de l’Homme ? Comment leur permettre de maîtriser les enjeux transversaux (pluri-disciplinarité) de l’entreprise ? Autant d’interrogations soulevées par Alain Storck sur les nouvelles voies de l’ingéniérie pédagogique à résoudre dans le futur...

Chiffres (CNISF 2010) Chiffres (CNISF 2010)

La situation des ingénieurs en 2010 :

- Salaire moyen à 63 000 e par an
- 18% en recherche d’emploi en mars-avril 2010 (contre 9,6% en 2009)
- 48 400 ingénieurs recrutés en 2009 (contre 71 700 , -32% en 2008 )

Des recruteurs admiratifs et à l’écoute des ingénieurs

Philippe Vivien et Stéphane Jobert nous ont donné leur sentiment sur les qualités et compétences requises pour un ingénieur parlant d’une seule voix de curiosité, envie de créer et capacité d’innovation.

Stéphane Jobert a pu remarquer la « passion – ce pétillant dans l’oeil » qui anime les candidats et font d’eux, selon Philippe Vivien, des « créateurs du bien-être général ».

Comptant 40% d’ingénieurs dans ses effectifs, AREVA est un employeur majeur des ingénieurs français et ceux-ci expriment de plus en plus d’exigences vis-à-vis de l’entreprise, notamment sur les points de responsabilité sociale, a remarqué M. Vivien.

Pierre Fleischmann, membre du bureau de la commission des titres d’Ingénieur (CTI) a tenu à intervenir sur la place des sciences humaines et sociales (SHS) dans le cursus des ingénieurs, rappelant que la CTI laisse libre les grandes écoles de choisir mais préconise néanmoins 20-25% de SHS dans les cursus.

Une enquête et un témoignage pour nous éclairer sur la réalité

Gérard Duwat nous a présenté les premiers résultats de son étude axée sur l’emploi des ingénieurs. L’optimisme est de retour chez les ingénieurs qui considèrent que l’année prochaine sera meilleure pour 31% d’entre eux (contre 8% en 2009).

Pour Marie Thiry, faisant référence au modèle de « l’ingénieur humaniste » des INSA, « les formations des ingénieurs français sont de qualités ». Elle a également tenu à insister sur la réalité du terrain et la nécessité de « se lancer » dans la vie active pour apprendre.

Gérard Duwat nous a éclairés sur les attentes des ingénieurs dans leur travail. L’épanouissement, la rémunération, les possibilités d’évolution, l’ambiance de travail, la reconnaissance ainsi que la compréhension et l’adhésion à la stratégie de l’entreprise sont, dans l’ordre, les motifs de satisfaction les plus importants pour les 45 000 ingénieurs interrogés.

Que pense la société des ingénieurs ?

Charles Gadéa nous a donné la vision de la société sur les ingénieurs, insistant sur l’image positive de ce corps de métier. « L’ingénieur est une profession prestigieuse avec une vraie consistance », « c’est quelqu’un dont la société voit ce qu’il fait, ce qu’il peut espérer ». Il ajoute que les ingénieurs sont des « figures historiques, des héros de l’Etat [...] créateurs de richesse », tout en rappelant les exigences de la société envers ces cadres et leur responsabilité vis-à-vis des grands enjeux technologiques et écologiques de notre Monde.

De belles pistes à explorer

Nourris par les interventions du public, nos invités se sont accordés pour souligner que les ingénieurs français étaient reconnus pour leurs compétences techniques et scientifiques de haut niveau à l’international. En conclusion, Alain Storck souhaite plus qu’une obligation des SHS dans les formations, « une approche intégrée » créant « le lien entre science, technologie et humanités » pour accompagner les futurs ingénieurs dans leur métier et tout au long de leur carrière.

Pour visionner la conférence dans son intégralité : http://www.ptitsdejeuners-science.com

Pour rappel, les intervenants
Claudie Haigneré, Présidente d’universcience, marraine des P’tits Déjeuners de la Science
Philippe Vivien, Directeur des Ressources Humaines et membre du comité exécutif du Groupe AREVA
Stéphane Jobert, PDG de Kuribay HR Consulting (cabinet de recrutement)
Gérard Duwat, responsable de l’Observatoire des ingénieurs au CNISF (Conseil National des Ingénieurs et Scientifiques de France)
Charles Gadéa, Professeur de sociologie, Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, directeur du Laboratoire Printemps
Marie Thiry, ingénieure maintenance à la SNCF (promotion 2009 - Département Génie Electrique - INSA de Lyon)

À propos du Groupe INSA :

Les Instituts Nationaux des Sciences Appliquées de Lyon, Rennes, Rouen, Strasbourg et Toulouse forment le premier réseau de France d’écoles publiques d’ingénieurs. Situés dans cinq grandes métropoles françaises, les INSA incarnent un modèle de formation reconnu depuis plus d’un demi-siècle dans le monde entier. Elles comptent plus de 40 spécialisations et 80 laboratoires de haut niveau. Plus de 62 000 ingénieurs diplômés INSA irriguent aujourd’hui le tissu économique international.